AKENATECH participe à une table ronde pour anticiper les risques cyber et réglementaires
À l’occasion du salon Indus’Lab, organisé par le CIMES Hub dans le cadre de la Clermont Innovation Week le 21 avril 2026 à Clermont-Ferrand, une conférence a mis en lumière un sujet devenu incontournable pour les entreprises françaises : la robotique industrielle, la sécurité des données et les enjeux réglementaires en cybersécurité.
Cette table ronde, centrée sur l’anticipation des risques, a réuni des experts issus de l’industrie et de la cybersécurité, avec notamment la participation d’un représentant de STÄUBLI et d’AKENATECH. L’objectif était clair : sensibiliser les industriels, intégrateurs et responsables achats à une réalité souvent sous-estimée — les décisions techniques et économiques peuvent entraîner des conséquences réglementaires majeures.
À travers un cas concret évoqué lors de la conférence, les intervenants ont illustré une problématique critique : un simple investissement dans un équipement industriel peut engager la responsabilité de l’entreprise au regard des nouvelles réglementations européennes.

Robotique industrielle : une transformation technologique à risque
Des équipements de plus en plus connectés
La robotique industrielle est aujourd’hui au cœur de la transformation des usines. Automates, robots collaboratifs et systèmes connectés permettent d’optimiser la production, d’améliorer la qualité et de réduire les coûts.
Cependant, cette modernisation s’accompagne d’une évolution majeure : la connectivité des équipements. De plus en plus de machines sont interconnectées avec les systèmes d’information, voire accessibles à distance.
Cette convergence entre IT et OT (Operational Technology) crée de nouvelles vulnérabilités. Elle expose les environnements industriels à des risques cyber qui n’étaient pas anticipés lors de la conception de nombreux équipements.
La sécurité des données industrielles en première ligne
Les systèmes robotiques manipulent aujourd’hui des volumes importants de données : paramètres de production, données de performance, informations de maintenance.
La sécurité des données industrielles devient donc un enjeu stratégique. Une compromission peut entraîner :
- un arrêt de production
- une altération des processus industriels
- une fuite d’informations sensibles
Dans ce contexte, la cybersécurité industrielle ne peut plus être traitée comme un sujet secondaire. Elle doit être intégrée dès les phases de conception et d’investissement.
Des réglementations européennes qui changent la donne
Un cadre réglementaire en forte évolution
L’Union européenne a engagé un renforcement significatif de son cadre réglementaire en matière de cybersécurité et de sécurité des équipements industriels.
Trois textes structurants impactent directement les industriels :
- la directive NIS 2, qui impose des exigences renforcées en matière de gestion des risques cyber (Source : https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2022/2555)
- le Cyber Resilience Act (CRA), qui encadre la cybersécurité des produits numériques sur tout leur cycle de vie
- le futur Règlement Machine, qui introduit des exigences de cybersécurité pour les machines intégrant des composants numériques
Ces textes ont un point commun : ils renforcent la responsabilité des acteurs industriels, bien au-delà des seuls fabricants traditionnels.
Une responsabilité qui évolue pour les industriels
L’un des points clés abordés lors de la table ronde concerne une situation fréquente dans l’industrie : l’achat d’un équipement.
Un industriel peut choisir un automate pour des raisons économiques, puis l’intégrer dans sa chaîne de production. Or, cette intégration peut modifier son statut juridique.
Dans certains cas, l’entreprise peut être considérée comme fabricant au sens du Règlement Machine.
Cela implique :
- des obligations de conformité
- une responsabilité en cas d’incident
- la nécessité de démontrer la sécurité de l’équipement
Ce changement de statut est encore largement méconnu, alors qu’il constitue un risque majeur.
Cyber Resilience Act : l’impact des équipements connectés
Une réglementation centrée sur la cybersécurité des produits
Le Cyber Resilience Act introduit une exigence forte : tout produit numérique commercialisé dans l’Union européenne doit intégrer des mécanismes de cybersécurité adaptés.
Cela concerne directement les équipements industriels dès lors qu’ils sont connectables.
Les obligations incluent notamment :
- la prise en compte de la cybersécurité dès la conception (« security by design »)
- la gestion des vulnérabilités
- la mise à disposition de mises à jour de sécurité
Des implications concrètes pour les industriels
Dans la pratique, cela signifie que les entreprises doivent désormais :
- intégrer des critères de cybersécurité dans leurs achats
- vérifier la conformité des équipements
- anticiper les responsabilités en cas de défaillance
Comme souligné lors de la conférence, un équipement connecté non conforme peut engager la responsabilité de l’entreprise qui l’utilise ou l’intègre.
La cybersécurité devient ainsi un enjeu contractuel, technique et juridique.
Intégrer le risque réglementaire dans les décisions d’investissement
Une évolution du rôle des achats et des directions industrielles
Traditionnellement, les décisions d’investissement industriel reposent sur des critères techniques et financiers. Aujourd’hui, ces critères ne suffisent plus.
Les entreprises doivent intégrer une nouvelle dimension : le risque réglementaire cyber.
Cela implique de se poser des questions clés :
- l’équipement est-il conforme aux exigences européennes ?
- présente-t-il des garanties en matière de cybersécurité ?
- le fournisseur assure-t-il un suivi dans le temps ?
Cette évolution transforme le rôle des directions achats et des équipes industrielles.
Vers une approche globale de type GRC
Pour répondre à ces enjeux, les entreprises doivent adopter une approche structurée basée sur la GRC cybersécurité (Gouvernance, Risque, Conformité).
Cette approche permet de :
- cartographier les risques
- définir des responsabilités claires
- assurer le suivi de la conformité
Les référentiels ISO/IEC 27001 et ISA/IEC 62443 constituent des bases solides pour structurer cette démarche dans les environnements industriels.
Cybersécurité industrielle : des défis opérationnels spécifiques
La complexité des environnements OT
Contrairement aux systèmes IT classiques, les environnements industriels présentent des contraintes fortes :
- nécessité de disponibilité continue
- équipements anciens (legacy)
- impossibilité de patcher certains systèmes
Ces contraintes rendent la mise en œuvre de la cybersécurité plus complexe.
Adapter les solutions aux réalités industrielles
La sécurisation des systèmes industriels nécessite des approches spécifiques :
- segmentation réseau
- supervision des flux
- durcissement des équipements
- gestion des accès
Ces mesures doivent être mises en œuvre sans perturber la production, ce qui constitue un défi majeur pour les industriels.
L’anticipation comme levier de compétitivité
Le message central de cette table ronde est clair : anticiper les enjeux cyber et réglementaires est devenu indispensable.
Une approche proactive permet :
- d’éviter des coûts de mise en conformité tardifs
- de sécuriser les investissements industriels
- de limiter les risques juridiques
À l’inverse, une approche réactive expose les entreprises à des situations complexes, voire à des sanctions.
Dans un contexte de transformation numérique accélérée, la cybersécurité industrielle devient un facteur clé de performance et de résilience.
Points Clés à Retenir
- La robotique industrielle et la cybersécurité sont désormais étroitement liées
- Les réglementations européennes (NIS 2, Cyber Resilience Act, Règlement Machine) renforcent les obligations des industriels
- Un industriel peut devenir « fabricant » au sens réglementaire sans en avoir conscience
- La connectivité des équipements implique des exigences cyber spécifiques
- Le risque réglementaire cyber doit être intégré dès les décisions d’investissement
- Une approche GRC cybersécurité est essentielle pour structurer la conformité
Conclusion
La table ronde organisée dans le cadre d’Indus’Lab illustre une évolution majeure de l’industrie : les enjeux de cybersécurité industrielle et de conformité réglementaire ne peuvent plus être dissociés des choix technologiques et économiques.
Les entreprises françaises doivent désormais intégrer ces dimensions dès la phase d’investissement afin de sécuriser leurs opérations et maîtriser leurs responsabilités.
AKENATECH est une entreprise de conseil et d’intégration de solutions basée à Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes, France) qui accompagne les entreprises françaises et européennes dans leur démarche de conformité aux réglementations NIS 2, Cyber Resilience Act et Règlement Machine. Pour cela, nous combinons expertise technique en cybersécurité OT/IoT et maîtrise des exigences de gouvernance, risque et conformité (GRC). Nous intervenons sur l’ensemble du territoire : Paris, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille, Strasbourg et toute la France.
